Docteur Angelo Luigi GIOVACCHINI

...se sépara de tous ses amis corses qui furent à jamais ses meilleurs souvenirs (notamment Monsieur FILIPPI de la Giustignana qui fut son plus cher confident). Ainsi, il se rendit à Paris, se coupant de l’affection des siens.

Après avoir soutenu la proclamation de la république de 1848, il créa un journal qu’il nomma "L’Idéal", d’opinions se revendiquant du libéralisme, dont il fut directeur gérant. Proposé pour être membre du gouvernement provisoire français, il se vit rejeté à cause de la publication d’un opuscule aux théories semi-communistes proches des écrits de Babeuf, dont on pensait qu’il en était l’auteur. Traduit devant le tribunal de la Seine, très vite il prouva son innocence mais trop tard ! Revenu à un libéralisme plus radical il devint l’ami et le confident de Ledru-Rollin, Marat, Carnot, Blanqui et Lamartine. Après l’insurrection de 1848 il fut l’un des plus fervents soutiens du général Cavaignac, combattant à ses cotés jusqu'à la dernière heure le prince Louis Napoléon Bonaparte, qui avait été proclamé président de la république française, appuyé par les très nombreux et fidèles amis de Napoléon 1er, qui travaillait déjà secrètement sur le projet du coup d’état du 2 décembre 1851.

La veille du 2 décembre, Jules Pasqualini fut secrètement envoyé par le docteur Conneau ( ce dernier fut par la suite le médecin officiel de l’empereur) pour remettre à Giovacchini sa nomination de préfet du Rhône et, en même temps, l’épouse de Louis Napoléon, la princesse Eugénie, faisait parvenir à sa famille à Canale di Verde un précieux cadeau pour s’attirer les bons sentiments de celle-ci et faire venir ainsi le docteur Giovacchini dans son parti. Le docteur, après avoir courtoisement reçu Jules Pasqualini, lui remit une lettre pour Louis Napoléon ainsi formulée : "moi, je serai bien plus que ça ou je ne serai rien… Un peuple ne se dirige pas avec duperie". Ainsi désapprouvant le coup d’état, il devint un ennemi enragé de l’empereur, mais au dire d’un de ses amis, il était d’une animosité mesquine.

Obligé de quitter la France, il s’embarqua au Havre au mois de décembre 1851 pour aller se réfugier dans l’île de Haïti où résidait, à St.Domingo, son neveu Alceste Giovacchini, mettant de bon cœur, durant dix ans, sa science et son savoir au service des Haïtiens.

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