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Beaucoup de corses (5) établis en Haïti à cette époque, lui doivent leur haute situation. Aussi, le gouvernement, en reconnaissance de ses importants services lui confia la direction générale de ses hôpitaux. En 1861, aux premiers jours de la guerre de sécession qui prit fin en avril 1865, le gouvernement fédéral des Etats-Unis appela Giovacchini a New York, le nomma médecin major, avec le grade de colonel. Il fit, jusqu’en 1863, toute la campagne dans l’armée du Potomac puis il passa dans l’armée du général Sherman en qualité de médecin inspecteur de ses régiments et devait terminer sa brillante campagne dans la fameuse marche d’Atlanta jusqu'à la mer. La guerre terminée, Ange Louis Giovacchini retourna s’établir à S.Domingo dans l’île où il mourut, victime de la révolution du 4 août 1805, à l’âge de 62 ans. D’après les constations médicales, il fut tué par un coup de gourdin sur le front dans son sommeil, dans la position d’un homme assis. Le corps fut retrouvé deux ou trois jours après, au bord de mer ; tout laisse supposer que ses assassins étaient les mêmes qui l’avaient cambriolé. L’annonce de sa mort parvint à sa famille, à Canale di Verde, deux mois après et le gouvernement américain, ingrat, ne fit pas grand-chose pour rechercher les auteurs de ce crapuleux assassinat. Corse,en 1931, Pierre Giovacchini |
Ici, j’évoquerai brièvement le curé Malaspina de Balagne qui, le 10 mars, demanda un prêt de 200 lires à Ange Louis Giovacchini pour acquérir son habit sacerdotal (soutane) et qui, deux mois après le décès de ce dernier, s’en retournait chez lui avec une fortune de six millions, qu’il légua à ses neveux qui bâtirent des immeubles et des villas "Ma la colpa vuole il castico", dit un proverbe corse car toute cette fortune est actuellement propriété de l’église. "Mais le crime veut un châtiment"